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Atakaliops
le mythe du guerrier rêveur

une vision métacreole

Cet instant de réalisation est dedié
à tous les réveurs métamorphosés
en guerriers du savoir par l'impératif
d'actualisation du rêve humain de croissance
et de renaissance perpétuelle.

Limen   Prologue   Chant 1   Chant 2   Chant 3






Limen
 

Mon nom est Atalegba. Samba de l'univers imaginaire, je suis une incarnation de la matrice du rêve humain de renaissance perpétuelle. Mon existence est une affirmation permanente de la conscience du passé de l'empire Yakwama.

A travers moi, l'intelligence responsable de la consolidation des jeunes consciences et de leur immersion dans l'ocean mythique de notre héritage ancestral, se manifeste. Je suis le yèwe gardien de la grande porte fluctuante de la connaissance s'ouvrant, tout en se fermant, devant tout rêveur engagé dans la voie solitaire de sa métamorphose progressive en guerrier du savoir
.
Creature de la matrice profonde et silencieuse de la conscience du guerrier rêveur, je suis l'incarnation du pouvoir invisible poussant constamment les frontières du rêve, ouvrant l'imagination sur la découverte de nouveaux horizons et forçant le réveur à retourner à sa source pour redécouvrir son pouvoir de création.

Ainsi pour continuer mon rôle de gardien des portes de la connaissance et de l'imaginaire, je laisse couler, à travers les fibres de mon énergie personnelle, la resonance de ces morceaux de notre passé.

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Prologue
 

A 1'aube du septième millenium, en ce jour de célébration de la mémoire de notre évolution vers l'âge de synthèse, la princesse Magdagwéna se présenta devant le grand conseil des sages et chanta l'histoire de l'empire.

Manifestation de l'harmonie prenant forme dans la beauté, elle se fit l'incarnation du pouvoir créateur de Centaria. Cette planète-satellite fut créée par les disciples d'Atakaliops en tissant les fibres élémentaires du rêve humain de croissance éternelle. Elle symbolisait notre victoire sur les démons du passé et notre désir de batir un univers textuel gouverné par une vision contextuelle de compréhension synthétique de notre existence.En cet instant impérissable de célébration de la croissance perpétuelle de notre préhension créative de l'harmonie disharmonique universelle, Magdagwena se fit le medium de l'affirmation dans le présent du réél passé.

 Le parfum enivrant de sa beauté enchanteresse, symbole de notre désir de victoire sur la puissance destructrice du temps, sur l'indifférence de la nature par rapport à notre soif d'immortalité et de prédictabilité, devint alors le vaisseau de la mémoire du commencement de notre vie de peuple. Du présent continuel de notre empire, des moments de gloire et de défaite, des premiers balbutiements de notre vouloir,du passé imparfait de notre désir d'affirmation, et finalement de notre naissance à la connaissance de la synthèse nécessaire entre l'éternité poïétique essentielle et le manifeste séquentiel, elle se fit le medium.

Elle descendait du très sage Ultan, l'un des milliers d'enfants du très grand Atakaliops. Ce dernier est le créateur de notre nouveau devenir, le maître et seigneur du nouveau rêve. Il fut intronisé, au cinquième milenium, par la perspective humaine du pouvoir createur universel, comme gardien synthétique éternel de notre univers et des milliers de dimensions du réel de demain prenant naissance dans l'inimaginable d'aujourd'hui.

Dès la naissance de Magdagwena, son pouvoir de résonance avec le continuum du temps et de l'espace imposa son choix comme gardienne de mémoire du cinquième milenium. Ce choix se fit chair dans la conscience du grand conseil des sages, la synarchie servante du superorganisme impérial, le corps des gardiens visibles de notre unitté, recevant de notre verbe global, enrichi par l'infini de la diversité individuelle, son rôle d'incarnation dans le tangible du pouvoir synthétique protecteur d'Atakaliops .

En ce jour de célébration de notre naissance à l'immortalité, elle chanta l'histoire de nos moments de gloire et de triomphe, celle de la victoire perpétuelle du devenir créateur sur l'inertie du passé vieilli. L'énergie protocréatrice du rêve, cette nourriture vivifiante du futur en gestation perpétuelle dans la mattrice impersonnelle du chaos, s'allia à la flamme de l'essence de l'empire en évolution et fit des fibres de son âme un instrument de résonance. Son corps de déesse devint alors le souffle puissant de l'histoire de l'explosion graduelle des lumières éblouissantes de la connaissance. Celles-ci, en imprégnant les formes sclérosées de notre conscience passée, nous ont libéré de la peur et de la bestialité pour garantir notre renaissance dans un cosmos nouveau.

Elle chanta l'histoire de notre moment de fusion avec l'infini universel nous permettant de nous libérer des chaines du séquentiel et de participer dans la masse infinie des alliances créatives possibles entre le concevable et l'inconcevable, le réel et l'irréel. Les ondulations de sa voix melodieuse traduisirent les hauts et les bas de l'histoire de la conquête de la compréhension harmonique du logos soutenant l'existentiel universel.

 Elle nous rappella que dans ce logos, la seule perfection possible est celle de l'unité avec l'harmonie disharmonique de l'essence responsable de l'enfantement du principe universel de l'identité dans la diversité.

Elle chanta l'histoire de la lutte perpétuelle des êtres humains pour la reconstruction purificatirice de l'instant présent par la libération du pouvoir créateur du chaos. Ce dernier garantit la deconstruction exorcisante des démons du passé imparfait et la renaissance de la plasticité intellectuelle nécessaire à la continuité de l'identité dans l'univers infini de l'imprédictabilité du futur .

Elle chanta l'histoire de notre libération des fardeaux et des souffrances inutiles. A travers sa chanson, nous avons rencontré, encore une fois, la douleur causée par ces enfants terribles de notre insécurité existentielle voguant, dans nos consciences norcies par la peur du lendemain, sur les ailes du désir de préhension et de fixation des moments apparents de béatitude. Ceux-ci, glissant inexorablement de nos mains affaiblies par la fragilité du fini de notre existence, tombent sur le dur rocher des impératifs éternels du changement. Comme des chateaux de verre, ils se brisent alors en un nombre infini de morceaux destinés à disparaître dans le grand fleuve chaotique du devenir perpétuel universel. Le retour de chacun d'entre eux dans le chaos est une consécration de l'échec de notre tentative de devenir le maître absolu de la matrice de la continuité logique dans le sequentiel.

De la haine à l'amour, de la destruction à la construction participative, des vibrations créatives de la sauvagerie des ancètres, notre histoire coula dans le flot de sa voix.
De l'enfantement forcé du nouveau devenir de sagesse, de compassion, d'amour, d'abandon de la bestialité prédatrice et d'assumption de notre responsabilité universelle, toute l'évolution du superorganisme yakwaméen passa à travers les fibres de son corps et se répandit, dans toute sa puissance d'expression, dans toute la pureté de son éclat lumineux et avec toute son épaisseur sonore, aux quatre coins de notre univers
.

Ainsi, Pendant trois jours et trois nuits, sur les ailes de la voix douce et hypnotique de Magdagwéna, flotttèrent dans l'univers de Yakwama, les paroles mémorables que voici:
 


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CHANT I
 

CREATION


Une fois de plus, en brisant les chaînes de la similitude dans le néant absolu, la puissance poïétique incommensurable du verbe se libéra de l'instant perpétuel.
Encore une fois, le pendulum éternel fut poussé par l'existant abstractif implicitement contenu dans le néant éternel.
Encore une fois, la stabilité prédictable anticréative se changea en instabilité créative, imprédictable et chaotique.
Encore une fois, elle laissa le cycle de la similitude anticréative et entra dans celui de la création par la bifurcation diversificatrice.
Encore une fois, elle laissa le cycle de la stagnation informationnelle et entra dans celui de l'explosion germinative, de la dissimilitude constructive, de la fluctuation permanente entre la création et la disparition.
Ainsi, à l'intérieur du vacuum primordial, la dissimilitude créative força la bifurcation du néant contenu dans le noyau éternel de l'essence fondamentale. Ce noyau accoucha deux conditions initiales contradictoires et inégales: l'existant et l'inexistant.
Ainsi, la matrice infinie du néant donna naissance au fini de l'existence et à l'inexistence qui est son complément dialectique infini.
Ainsi, l'inexistence devint le contenu infini non-manifesté du néant et demeura la source infinie d'affirmation des réalités vibratoires existentielles. Celles ci se manifestent à partir de leurs existences inexistentielles ou non-manifestées dans le noyau dialectique fondamental.

Chacune de ces dissimilarités se divisa ensuite en deux parties complémentaires. L'existant se bifurqua en existant existentiel ou manifesté et en existant inexistentiel ou non manifesté. L'inexistant se divisa en inexistant existentiel ou manifesté et en inexistant inexistentiel ou non manifesté. Le complexe existant-inexistant ainsi formé mainteint son attache avec la similitude infinie du néant et créa sa propre dissimilitude en favorisant l'inexistence créative aux dépens de l'existence affirmative. La dissimilitude entre l'infini de l'inexistant et le fini de l'existant donna naissance au continuum infini de l'espace-temps primaire.

Dans ce medium, les forces de l'inexistence, rencontrant celles de l'existence, créèrent un nombre infni de complexités poïémiques. Celles ci expriment leur dissimilitude dans l'explicite particulier et affirment constamment leur similitude dans l'implicite universel. La multiplication de la dissimilitude des complexités affirmant leurs existences vibratoires, à la fois dans l'existant et dans l'inexistant, fertillisa le continuum infini primaire et donna naissance au bidimensionel spatiotemporal.

A cette phase de l'évolution universelle, la nouvelle force poïétique sortant de la libération de l'énergie de fusion du temps et de l'espace primaire rompit la coque de l'instant primaire et enfanta le pluridimensionel spatio-temporal secondaire. A l'intérieur de celui-ci, l'interaction des formes manifestationelles avec la force soutenante créative de l'inexistence donna naissance aux constantes du changement tandis que les réalités germinatives existentielles particulières continuèrent, dans chaque échelle de complexité, d'exprimer, en tant que conditions initiales abstractives gouvernantes, la répétition intelligente des impératifs fondamentaux de l'existentiel universel.

De l'abysse infinie des entrailles de cette forme secondaire sortirent ainsi des milliards et des milliards de moments de naissance diversifiée, de bifurcation, de rebifurcation et de renaissance potentielle. En utilisant le masque du hasard et de la necessité, ces éléments de l'instant chaotique évolutif firent couler leurs potentiels de métacomplexification dans le moule créateur initial.

Ainsi, dans la matrice de l'existentiel se servant de la force créatrice du chaos, des entités séquentielles, utilisant le pouvoir de complexification créative de la danse perpétuelle des éléments d'existence fluctuante, au son de la musique du pendulum éternel, émergèrent à l'existence consciente secondaire. Celles-ci en rencontrant la nécessité de fonctionnement vibratoire dans l'existant séquentiel et l'inexistant créateur donna naissance à l'hyperespace de l'univers mental. Le point dialectique de ce dernier est le nexus intellectuel à partir duquel émergèrent d'un côté le fini concevable prédictable et de l'autre l'infini inconcevable impredictable. Le fini concevable sert d'abstraction soutenante à la prehension intellectuelle autoconsciente du séquentiel existentiel. L'infini inconcevable sert de support à l'entropie informationnelle du chaos qui est est le créateur de la préhension intellectuelle non autoconsciente et aussi des existences nouvelles à partir de l'infini inexistentiel global. L'union du nexus intellectuel avec le concevable et l'inconcevable donna naissance au complexe néointellectuel qui, par nécessité fonctionnelle de préhension intellectuelle autoconsciente dans le concevable, est obligé d'oublier l'inconcevable, le complexe existant-inexistentiel sous jacent et son point dialectique qui est le néant contenu dans le vide fondamental.
Cet oubli fonctionnel créa l'infirmité dialectique intellectuelle fondamentale. A partir de celle-ci, le prédictable séquentiel du concret concevable, aveuglé par l'ignorance fonctionnelle de son complément obligé, se trouva ainsi compliqué par l'émergence constante des réalités linéaires et non-linéaires imprévisibles venant des correspondants dialectiques du concevable evolutif contenus dans l'inconcevable.
Ainsi, la prédicabilité imprédictable remplaça le nexus néo-intellectuel et devint le nouveau contenu du noyau germinatif de l'intelligence existentielle pariculière. Le hasard devint le créateur apparent et la nécessité du maintient de l'identité son gardien.

Ainsi, dans l'univers mental de ces entités, La prédictabilité imprédictable contenue dans le noyau dialectique de l'instant germinatif secondaire créa, par répétition évolutive stratifiée, la nécessité des moments dialectiques de l'existence.

Ainsi apparurent la joie et la peine, la connaissance véritable et l'illusion de maîtrise sur la réalité universelle, les journées de célébration et les moments de défaite. Ainsi, la mémoire et l'oubli, le temps de paix et celui du ravage des forces déchainées de l'univers commencèrent à se manifester dans l'expérience consciente.  Ainsi le flot de conscience des créatures devint le medium des vagues de peur du lendemain et des moments de certitude du futur.

La convergence de ces réalités créa, dans la conscience des créatures, des millénaires et des millénaires de croissance nécessaire à la naissance neothénique dans la compréhension paradisiaque de la réalité gouvernante. Cette naissance néothénique passe incontournablement par la douleur des instants de désespoir devant l'inévitabilité et l'invincibilité de leurs limites de réalités finies contenues dans l'infini universel.

Lentement mais surement, cette civilisation réussit à conquérir tout ce qui était conquérissable. Graduellement, le visible, avec ses dimensions apparentes et son pouvoir d'action sur le tangible, se plia sous sa volonté et ses désirs. Progressivement, elle parveint à construire une connaissance efficiente des caprices de l'impalpable et de l'invisible se cachant derrière l'apparence d'irréalité pour se dérober du regard de l'ignorant devenant, sans le savoir, la victime de son innocence.

Au cours des multiples millénaires de guerres de conquête interminables, Yakwama bâtit sa puissance. De la sueur des esclaves, du sang des ennemis écrasés sans pitié et du butin rapporté des cités, des civilisations et des planètes applaties sous les bottes des guerriers intrépides, une nouvelle civilisation s'érigea.

Yakwama deveint graduellement une vision magnifique de beauté irréelle, une forteresse imprenable où venait s'écraser la cause des plus faibles, une réalité irradiant la puissance sauvage forçant l'alliance, un rempart formidable placé au sommet d'une montagne inaccessible, une présence insolente menaçant, sans peur, le ciel et les forces de l'éternité. Avec arrogance, elle exhiba la verticalité de ses tours de garde: ces étendards de victoire et de puissance impitoyable enfantant le respect dans la conscience des amis et faisant trembler les ennemis potentiels.

Beaucoup plus que toute chose, elle deveint la matérialisation d'une vision grandiose de la richesse et de la domination de la créativité humaine sur ia planète Septula et sur toute la galaxie. Pendant des milliers et des milliers d'années, cette grande masse rocheuse désertique semblait avoir attendu que les Yakwaméens viennent implanter le drapeau de la victoire de la diversification créatrice de la vie sur l'immobilisme de la similitude éternelle.

Après avoir pillié les richesses matérielles des planètes voisines et réduit en esclavage les esprits des autres, ils se declarèrent les seuls capables des grandes prouesses de l'esprit. Poussé par l'arrogance que leur donnait leur force grandissante de vainqueur, les Yakwaméens inventèrent un nouveau contextuel intemporel dans lequel ils se consacrèrent les seuls enfants légitimes du pouvoir universel créateur. Au cours des millénaires de domination, toute volonté de rébellion et d'affirmation existensielle, poussant normalement dans le coeur des peuples-espèces vaincus et dominés, rendit son âme à la peur. Celle-ci est la chaine invisible de l'esciavage des consciences affaiblies refusant la libération dans la mort si la vie n'offre plus le choix de la liberté de se tenir debout pour résister et protester contre la violence impitoyable. Des ennemis potentiels, ils avaient écrasé la fierté en les forçant à se mettre à genoux devant leur brutalité dominatrice.


Avant l'arrivé des Yakwaméens les peuples-espèces du septième vivaient paisiblement sur leurs planètes. Au début de l'expansion du complexe galactic impérial, lorsqu'ils constatèrent la croissance de la sauvagerie, de l'arrogance sans bornes de l'ennemi potentiel commun, ils formèrent une alliance défensive. Ensemble, ils mirent leurs ressources pour détruire cette entité démoniaque, cette aberration enfantée par la matrice prédatrice de l'animal humain dont le destin semblait être l'actualisation permanente de ses cicatrices de guerre, de haine, de subjugation et de destruction aveugle .
Dans une guerre millénaire, ils essayèrent, sans succès, d'écraser l'empire naissant, de l'empêcher d'atteindre ce point final de grandeur qui des civilisations avoisinantes, alliées ou ennemies, amèneraient l'écrasement éventuel.
Aux Yakwaméens la victoire resta. Que de tueries et de répressions sanglantes! Que de cités vaporisées par la flamme purificatrice du vainqueur sans pitié
L'épée transfixia, décapita des milliards d'âmes. A flot torrentiel le sang coula. Le glaive yakwaméen n'épargna ni le vieillard au pouvoir d'action rongé par l'usure du temps ni le nouveaux né, vivant encore dans l'innocence paradisiaque du berceau, dont le seul crime était d'être un ennemi potentiel.
Les chefs, les plus sages, les plus intrépides d'entre les jeunes guerriers, furent condamnés a l'esclavage physique et à l'exil mental, en échange de la préservation de leur vie.
Yakwama, peuple autrefois pacifique, chassé de sa planète mère par d'autres nations plus fortes et condamné à l'errance éternelle dans l'univers, était ainsi devenu la force dominante physique et du septième univers.
Ainsi Yakwama devient une manifestation permanente de l'idée de la survie du plus fort à travers l'utilisation sans limite de la brutalité et de la cannibalisation continuelle de l'énergie physique et spirituelle des autres entités vivantes considérées comme simples éléments du jeu fini de l'existence.
Ainsi, en détruisant et en subjugant toutes les civilisations rencontrées, en se proclamant les rois incontestés du septième univers, les Yakwaméens exécutèrent, à la lettre, le message caché dans la douleur des blessures profondes qui, dans le temps, avait souillé leurs âmes de nation jeune et naïve.
Ils voulaient se venger de leur passé malheureux de victimes résignées, de leur banissement éternel dans l'exil universel, du pillage de leurs cités, de la désécration de leurs temples, du viol de leurs femmes, de l'égorgement de leurs enfants quand ils vivaient sur la planéte Gaïa des milliers d'années auparavant. Au tréfond de leurs coeurs et, sans même le savoir, les Yakwaméens portaient le lourd fardeau de l'univers primitif des organismes dont l'existence est encore dominée par la bestialité prédatrice. Pour eux, les seuls schémas possibles étaient celui du maître et de l'esclave, du vainqueur et du vaincu, du supérieur et de l'inférieur. Pour continuer à vomir dans l'univers le souffle malveillant du démon de l'insécurité existensielle ayant, depuis plusieurs milliers d'annees, pris possession de toute leur énergie vitale, ils allaient de guerre en guerre, de victoire en victoire. Comme les anciens mattres des vies et des biens de la planète mère, ils devinrent de la vie l'élément régulateur.
Du parfait et du spirituel, ils se proclamèrent le symbole physique. Du pardon des offenses et des récompenses, du châtiment et du pardon, de la jouissance du labeur de tous, de décider de la vie ou de la mort d'une civilisation et de l'exercise de la sagesse ou de la violence, ils pensaient avoir conquis le droit. Tous les peuples de la galaxie se pliaient sous l'omnipotence de leur vouloir. Et, partout se voyait le signe dominateur de Yakwama, ce grand cerde de feu servant de témoin éloquent à sa capacité créatrice, illuminant constamment la planète Septula et ses satellites. Cette masse gigantesque de matière en flamme détruisant l'alternancedu diurne et du nocturne, faisait de la lumiére du jour une présence éternelle.
Avec le sang et le cannibalisme de l'énergie intellectuelle des esclaves, le sacrifice des plus jeunes des siens sur l'autel de la passion, Yakwama nourissait son pouvoir créateur.

En utilisant la violence en vue d'asservir les autres qu'il fallait, de temps en temps, convaincre ou reconvaincre de leur infériorité, Yakwama payait ce pouvoir dominateur infini. Selon le livre ancestral, cette puissance lui était donné par les guides spirituels de la race. Ceux-ci étaient les cinq yèwés de Yakwama, les dieux éternels du passé et du futur. Depuis les temps immémoriaux, ils s'étaient proclamés les protecteurs éternels de la tribu et s'étaient consacrés gardiens perpétuels de ce groupe humain au passé malheureux, rempli de souffrances et de peines. En pétrissant, avec la force créatrice du rêve, l'argile de leur douleur extrême humectée par les larmes de l'exil, les moments de victoire, de désespoir, de défaite et de joie, les Yakwaméens transmutèrent leur noyau paradoxal originel en une entité néoessentielle. Celle-ci donna naissance à la nation, au superorganisme impérial et finalemt à la civilisation galactique Yakwaméenne. La matrice paradoxale de tout ce qu'avait été et révait d'être Yakwama fertillisait la naissance et la renaissance constante des cinq yèwés: celui de la guerre, celui de la vengeance, celui de la brutalité aveugle et des souffrances inutiles, celui de l'exploitation de tout et de tous, et finalement le dieu de la synthèse existentielle de Yakwama. Ce dernier contenait l'abstraction gouvernante centrale de son existence prédatrice. Il était l'essence créatrice parfaite qui les avait créés par une projection parfaite de son image dans l'existant universel. En tant qu'image parfaite du créateur, ils se proclamèrent le référentiel de perfection de toute existence universelle. Ainsi, leur supériorité de créature parfaite devint la raison suffisante de leur vouloir de domination par l'intimidation, la destruction et la cannibalisation, tant matérielle que spirituelle, des créatures contextuellement imparfaites considérées comme universellement inférieures et perdantes congénitales dans le jeu macabre de la vie et de la mort.

 

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CHANT lI

 

FLEURS DE LA SAGESSE


Des muliers et des miliers d'années de domination et de puissance infinie, des milliers et des milliers d'années de création et de fusion forcée des consciences libérées de la nécessité de la guerre permirent l'émergence d'une nouvelle vision de l'existence.  Des milliers d'années de maitrise sur les besoins matériels facilitèrent l'apparition des consciences avancées. Ces âmes supérieures s'engagèrent dans la poursuite de la connaissance. Graduellement, ils découvrirent la beauté de toute existence et le destin de grandeur de tous les êtres humains et de tous les complexes organiques universels capables d'autoconscience.

Progressivement, le détachment de soi conduisant à la préhension épiphanique de l'universel donna naissance à une vision nouvelle de l'être pensant par la redécouverte de son pouvoir d'infinité.
Cette croissance dans l`universalité émoussa, dans l'âme des enfants des guerriers et des dominateurs féroces du passé, l'instinct de guerre et de destruction qui avait permis à Yakwama d'atteindre le sommet de la plénitude de son existence. Ainsi, paradoxalement, la croissance de l'empire vers l'apogée de sa grandeur l'amena vers son point d'implosion multiplicative permettant aux germes latents du déséquilibre formateur de grandir en pouvoir et de forcer, par la bifurcation informationelle de son essence germinative, l'explosion transformationelle de son complexe existentiel.

Les dimensions non encore visibles de l'alternative de survie complémentaire dans la perfection diversifiée trouvèrent alors l'opportunité de manifester leurs diversités existentielles dans un vision nouvelle de la nature.
Ainsi, A la brutalité des guerriers, s'ajouta le pouvoir créateur de la méditation, des sciences et des arts. De l'ensemble de ces nouvelles perspectives de réflexion émergea bientôt le pouvoir inhibiteur de la maîtrise dans l'exercise de la force par l'affirmation de l'amour de la sagesse.

Cependant, de la puissance des guerriers, la sagesse naissante se tenant, à peine sur des jambes branlantes, ne comprit point l'expression nécessaire à l'intérieur du context exclusif de survie basé sur la domination des autres. Elle ne comprit pas que la puissance des guerriers était, depuis les temps immémoriaux, l'expression de toute la force vitale du complexe existentiel yakwaméen et en etait devenu presqu'une raison d'être exclusive. N'ayant plus de peuples ennemis à conquérir et à dominer, cette réaiité destructrice aveugle, cette puissance bestiale, prenant racine dans l'insécurité existentielle et se couvrant d`un masque de perfection exclusive, se tourna contre sa propre cité. Elle devint l'ennemi des formes multiples de culture élaborées par les autres espèces-nations composantes de l'ensemble.

Du noyau national et du complexe impérial, les guerriers se proclamèrent l'essence tribale immortelle, la raison d`être réelle et le pouvoir unique.En se proclamant les plus parfaits d'entre les parfaits, ils se donnèrent le droit d'exercer leur plus que perfection dans la domination totale du séquentiel impérial.
Ainsi, au sein de l'empire tourmenté par la nécessiteé de l'évolution, la bataille entre la force du droit légitime et le droit par la force de la bestialité aveugle commença.Contre la brutalité aveugle tout l'empire se lia .

AInsi, la force du droit à l'expression totale de toutes les formes d'expression de la vie et de l'esprit humain triompha. A tout jamais furent banis, le goût du crime, et l'appétit de la violence. Un corps de lois issues de la conscience collective abolit la malfaisance s'exprimant par le désir effréné d'écraser les cultures ayant une vision différente de l'universel, sous prétexte de prévention des révoltes ou de purification raciale. Les amis de la sagesse et les créateurs de beauté devinrent la conscience de l'abandon éternel du désir malsain de considérer toute fleur nouvelle poussant dans le jardin de l'existence et de l'intellect collectif comme une herbe nuisible à déraciner et à détruire parcequ'elle représente une couleur et une forme nouvelle de dissémination de la beauté. Entre les mains du grand conseil formé des sages de toutes les nations, les âmes du septième univers remirent pour l'éternité le destin de l'ensemble. Le corps des guerriers devint seulement un symbole de la cohésion du complexe impérial, de sa capacité de repression, de la protection de son territoire et de la projection de ses intérets supérieurs. A l'ombre de la paix, les fleurs de la sagesse et de 1'amour grandirent. Alimentés par le ferment de la prospérité, la compassion et le respect de la dignité des êtres devinrent mode de vie. L'empire galactic Yakwama transforma son existence d'entité destructrice et dominatrice en celle de gardienne de la spiritualité. Il devint une projection permanente, de la force créatrice baignant le septième univers. Plus de guerre de conquête, plus de destruction gratuite. Du droit du plus faible et du minoritaire à la vie on fit une loi sacrée.

Alors, les germes dormants des dissimilitudes complémentaires de la similitude globale utilisèrent l'energie fertilisante de la nouvelle vérite et accouchèrent des fleurs étalant bravement la diversité créatrice de leurs parfums et de leurs couleurs. Ces fleurs devinrent le vaisseau de renaissance des fruits légitimes du sentiment de puisssance, du vouloir de participation à la gestion de la richesse commune. Elles servirent surtout de matrice à la réjuvenation de l'affirmation de soi enfantant le désir d'indépendance totale dans la conscience des entités pensantes autrefois vaincues et transformées en alliées. L'éveil de l'intelligence existentielle de chaque espèce-nation affirmant sa diversité, signifiait la destruction de l'intelligence cohésive garantissant la pérennité du complexe impérial.

Ainsi, sous le poids de sa volonté de promotion de la diversité, de la justice pour tous et du progrès intellectuel, I'arc en ciel impérial de Yakwama commença à perdre sa cohésion interne et à marcher vers la désintégration de son existentiel particulier et sa réintégration dans la similitude chaotique universelle.
Aux guerriers, symboles de l'affirmation brutale et aveugle de l'intelligence existentielle qui était une manifestation de l'essence abstractive sur la quelle reposait la cohésion du complexe impérial les sages, ayant perdu le contrôle de l'évolution de l'empire, furent forcés de redonner le pouvoir d'agir.

Pour un moment de cette marche laborieuse vers la synthèse créatrice diversifiée, cette force brutale, l'essence animale prédatrice du complexe impérial, la main de fer, cachée par des gants de velour décorés par les pétales de rose de la sagesse et de la compassion réaffirma sa sauvagerie. En enlevant son masque de civilisé dont la conscience, asseptisée de toute laideur, se baignerait dans la recherche de la perfection par l'application de la logique universelle, Yakwama montra, dans toute sa crudité, sa nature oppressive véritable.

Les révoltes furent écrasées, les fleurs de la liberté furent de'racinées, la paix fut réétablie. Avec un coeur gonflé de regrets, l'âme noyée dans un océan de douleur, les sages devinrent, en libérant la force destructrice des guerriers, les témoins agissants obligés, les premiers coupables de cette destruction infernale et de l'écrasement des espoirs légitimes des révoltés. Les faibles voix du droit inaliénable de tous les peuples-espéces à la justice et A l'égalité furent ainsi étouffées. Ce retour à la répression aveugle, à l'anihilation des ennemis potentiels de l'état galactic impérial, réaffirma la domination de Yakvama. Elle révela la nature profonde du superorganisme impérial dont la raison d'être véritable, venant de l'essence prédatrice de la nature humaine, était d'asservir tous les peuples du septième univers pour assurer le bien être de la race Yakwaméenne. Les sages voulalent que toute entité vivante du septième univers ait le droit d'expression libre de sa diversité à l'intérieur du tout commun sans subir la repression et le cannibalisme de son énergie par les êtres vivants portant le sang Yakwaméen. Ils désiraient ardemment que chaque entité puisse, à travers l'expression libre de sa diversité créative, apporter sa pierre participative dans la croissance perpétuelle de l'ensemble. Cependant, en pronant ceci, ils avaient choisi d'oublier que la croissance totale des élémens d'un tout vers leurs manifestations diversifiées peut amener la désintégration de l'ensemble. Aveuglés par leur vouloir romantique de justice, de paix, de pain et d'égalité absolue, tout en voulant maintenir la cohésion de l'empire, ils avaient réprimé leur connaissance de l'essence yakwaméenne servant d'intelligence cohésive à l'empire. Ils ne réalisèrent donc pas qu'en utilisant la force répressive des guerriers, en vue de maintenir la cohésion, ils n'avaient fait que réveiller la brutalité faisant partie de l'essence intellectuelle de l'empire. Au nom de la cohésion, ils optèrent pour l'ignorance coupable au lieu de la connaissance totale. Ils choisirent d'oublier que, pour le complexe existentiel yakwaméen, le maintient de la cohésion interne et la croissance du potentiel d'action transformationelle sur la nature n'étaient que des moyens d'affirmation répétitive de son essence atavique d'organisme prédateur. L'existence de ce complexe ne pouvait donc être maintenue que par la préhension et le rafinement perpétuel des moyens de préhension et de défense contre celle-ci.
Pour l'essence du complexe yakwam6en, la cohésion interne était donc synonime de dissection et de canibalisation de ses composantes culturelles. D'un autre côté, la cohésion externe se manifestait par l'assimilation totale de toute entité matérielle ou spirituelle rencontrée dans l'univers
 

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CHANT III
 

LA VERITE SUBLIME DU POUVOIR


Après avoir été forcé d'utiliser la violence pour rétablir la paix, les sages comprirent la vérité sublime cachée à lintérieur du vouloir et du pouvoir de cohésion. De la capacité de la violence massive et efficiente d'assurer l'existence de toute entité prédatrice et sa domination sur son environement, ils furent forcés de recomprendre enfin, sans évasion romantique, la nature véritable.

L'expérience évolutive collective leur enseigna alors que l'univers des sages et des créateurs de beauté n'était qu'une fleur fragile de la capacité de violence de la cité. Elle leur apprit que la beauté de la sagesse, cet enfant terrible de la prospérité, cette mère de réalités nouvelles du futur, se nourissait, sans le savoir, des laideurs de la nécessité. Ils réalisèrent surtout qu'elle est la force évolutive ingrate qui, des lambeaux de l'ordre ancien, fera l'étoffe de ses nouvelles visions dimensionelles en choisissant d'oublier l'essence prédatrice lui permettant de prendre naissance.

Ainsi pour concilier la vision de puissance de l'empire avec le maintient du respect des alliés, Pour laisser fleurir la sagesse et l'amour sans amener la d6sintégration,une nouvelle vision de la complexité dimensionelle du pouvoir devait être conquise. Yakwama avait besoin d'un nouveau chef suprême, d'une entité cristalisatrice de sa nouvelle complexité créatrice.

Pour pouvoir maintenir la cohésion interne, il devait être une émanation de l'intelligence existentielle primaire de Yakwama, une émanation de sa matrice créative profonde se manifestant dans son lourd héritage de violence. Cependant, tout en maintenant ses attaches avec la force cohésive, il serait, par dissociation créative, capable d'être l'incarnation d'une nouvelle forme d'abstraction germinative. En actualisant cette abstraction, il serait capable de façonner une synthèse créative entre l'impératif d'autosimilitude, en vue de la préservation de l'identité, et la nécessité de croissance diversifiée, en vue du maintient de la plasticité adaptative.  Cet homme aurait une grande capacite de connaître le pouvoir destructeur et dominateur des guerriers. Des moyens de consolidation dynamique de la justice comme garant de la paix, tout en maintenant la cohésion diversifiée dans la création participative perpétuelle, cette créature synthétique du nouveau verbe yakwaméen connaîtrait les secrets. Parvenue au sommet de la maîtrise de la sagesse, cette création de la conscience collective serait un grand maître du prédictable humain et un serviteur fidèle du devenir ayant la capacité de s'adapter à son imprédictabilité. Il serait une vision consciente s'adaptant parfaitement à toutes les saisons et à tous les temps. Armé d'une conscience profonde du passé et de la nécessité évolutive du futur, cette personne transcendentale pourrait être la synthèse du rêve et du réel, le point de raliement des éléments complémentaires. Son existence serait la clef de voute de l'alliance nécessaire entre le guerrier, réalité prédatrice aveugle à domestiquer et à mettre au service de l'intérêt du bonheur collectif et le sage, vouloir inhibiteur différentiel de la fusion nécessaire entre les leçons du passé vécu et le futur à inventer sur la base de la rectification permanente des aberrations.

De l'innocence et du pouvoir de nuire, cet homme serait un mélange heureux, un moment de communion perpétuelle. Du pouvoir négatif des forces de l'obscurité, il saurait utiliser la laideur, la sauvagerie et l'energie dévolutive pour préserver la fragilité de la beauté et de la créativité.
Des poussées vectorielles chaotiques de l'energie du futur, il saurait, en enlevant les énergies malignes, faire des épées de purification. Par-dessus tout son vouloir cohésif et son pouvoir de dissociation créative, issus de la volonté de survivre dans l'unité en maintenant la diversité et la créativité, devraient être un rempart contre la faiblesse et le doute de notre capacité de nous livrer, sans réticence aucune, à la capacité créative de l'imprédictable.

Dans ce nouvel univers métaphorique, le hasard deviendrait ainsi la source intarissable de milliard d'opportunités libératrices. Celles-ci fertiliseraient notre potentiel d'autocréation dissociative dans la révolution perpétuelle en facilitant notre fusion avec l'infini chaotique tout en nous permettant de garder contact avec le maintien de notre identité dans le fini séquentiel.

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