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Last Updated: Jan 2, 2009 - 9:10:48 AM |
PORT-AU-PRINCE, 26 Septembre - Ils sont 32 candidats agréés pour les prochaines présidentielles. Mais alors que tout le monde répète que ce sont des élections taillées sur mesure par l'international, qui est le candidat américain?
Le mot a eu son heure de gloire aux présidentielles de 1987, et surtout celles de 1990 qui ont mis face à face lors le petit prêtre des bidonvilles, Jean Bertrand Aristide, et l'économiste et ancien haut fonctionnaire de la Banque Mondiale, Marc Louis Bazin.
Il ne restait rien à prouver. Le dimanche 16 décembre 1990, Marc Bazin était accompagné aux urnes par un high staff venu directement de Washington, dont l'ex-président des Etats-Unis, Jmmy Carter, et l'ex-gouverneur de la Banque Mondiale, Robert Mc Namara.
Pendant que Lavalas, règne sans partage, a occupé l'espace, trois mandats présidentiels quoique plus ou moins tronqués, le phénomène parut moins évident.
Par contre aujourd'hui que Aristide est tenu à l'écart, aussi loin que possible, en Afrique du Sud, qu'en est-il?
Qui est le candidat américain? Bien malin saurait le dire.
La dernière hypothèse vient de nous filer sous le nez. C'est le multimillionnaire haïtien-américain, Dumarsais Siméus, PDG de la Siméus Food, un Texan comme l'est aussi le président George W. Bush.
La candidature de Siméus a été rejetée par le Conseil électoral provisoire (CEP) haïtien.
Tu quoque, fili...
Le candidat écarté menace de porter l'affaire devant les tribunaux. Samedi on a vu un petit groupe devant les locaux du CEP à Delmas, manifestant en son nom.
Affaire à suivre...
Or - tu quoque, fili, si Siméus tombe, alors qu'on l'annonçait comme un proche de la famille Bush, il figure sur le task force (groupe de conseillers) mis en place par le gouverneur de Floride, Jeb Bush, pour les affaires haïtiennes. On le dit aussi un protégé de Karl Rove, le superconseiller du locataire de la Maison Blanche.
Mais nenni. Exit Siméus.
Tout naturellement certains au début lorgnaient du côté des candidats issus du secteur business. Charles Henri Baker. Samir Mourra.
Le premier, M. Baker, a été, jusqu'à sa déclaration de candidature, le no. 2 du Groupe des 184, une coalition d'associations de la société civile, dominée par les grandes chambres patronales, qui a joué un rôle déterminant dans le renversement de Jean Bertrand Aristide le 29 février 2004.
Pour arriver jusque là, il faut que les relations du Groupe avec les grandes chancelleries occidentales aient été des plus actives.
Mais Charles Henri Baker s'est lancé dans de telles algarades contre la force internationale en Haïti (MINUSTAH), y compris les Etats-Unis, qu'on doit, du moins pour l'instant, mettre cette hypothèse également de côté.
Quant à Samir Mourra, certains ont voulu qu'il soit une sorte de précurseur, de signe avant-coureur. D'où vient ce monsieur qui a vécu de longues années aux Etats-unis, pour ressurgir aussi soudainement sur la scène politique locale?
Ces deux exemples ont de commun qu'ils sont tous les deux de la minorité claire et appartiennent à la toute petite classe des affaires. Ce qui les rend automatiquement suspects d'être sous la protection des grands centres capitalistes mondiaux.
Interlocuteur privilégié et incontournable...
Mais c'est oublier (ou ignorer) que lors des élections fatidiques de 1957, c'est Duvalier qui a été le poulain de la grande ambassade sise à la Cité de l'Exposition, et non l'industriel et grand mulâtre Louis Déjoie.
Tout comme après le choc que provoqua son élection le 16 décembre 1990, et surtout depuis son retour de trois années d'exil à Washington, Aristide manoeuvra en quelque sorte pour être l'interlocuteur privilégié et incontournable de la Maison Blanche, via ses nombreux lobbists. Et cela jusqu'à l'arrivée au Département d'Etat d'un certain Roger Noriega...
Celui-ci vient justement de partir pour la retraite, pour ne pas dire d'être remercié. Mission accomplie!
Mais quid des candidats René Préval, Mac Bazin, Evans Paul et autres?
Evans Paul (candidat de Alyans) mène une campagne qui autrefois lui aurait tout de suite mérité l'épithète de candidat américain (caravane enrubannée, panneaux publicitaires aux quatre coins de la ville, sourire rose bonbon)...
Mais pourquoi pas aussi Serge Gilles, le candidat de la branche Internationale socialiste en Haïti?
Ils ont mieux cette fois...
Autant dire que l'étiquette aujourd'hui ne fait rien à l'affaire.
Par exemple encore René Préval, aujourd'hui Lavalas qui s'ignore, pourrait bien être le parfait commun dénominateur entre Lavalas et Washington qui doit bien miser quelque part sur ce dernier, puisque ayant tenu coûte que coûte, envers et contre tous, que l'ex-parti au pouvoir soit inscrit dans la course...
Mais le même raisonnement ne vaut-il pas aussi pour Bazin? Qui dit mieux. Celui-ci pourrait aujourd'hui se prévaloir de coiffer en même temps l'élite, la classe moyenne et Lavalas. Mais en Haïti, c'est toujours plus compliqué. Quand on a le temps, on n'a pas l'argent. On ne peut pas être le Bazin de 1990 et celui de 2005 tout à la fois.
Alors qui est le candidat américain? Bien malin saurait le dire.
Mais question: et si les Américains n'avaient pas besoin cette fois-ci de candidat. Parce qu'ils ont mieux. Ils ont tout le pays...
Editorial, Mélodie 103.3 FM, Port-au-Prince
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